Interview

Interview : Dans les coulisses de la formation « Psychotrauma »

Dernière formation à rejoindre notre catalogue, « Comprendre et repérer le psychotraumatisme chez l’enfant et l’adolescent » a été conçue par deux cliniciennes expertes du terrain.

Gaëlle Laure et Anne-Lise Tosello ont accepté de répondre à nos questions.

Oct-Opus : Parlez-nous de votre parcours

Anne-Lise — Psychologue clinicienne spécialisée en psychotraumatisme, thérapeute certifiée EMDR Europe, la prise en charge du psychotrauma constitue le cœur de ma pratique clinique quotidienne. J’exerce dans un centre expert du psychotraumatisme pédiatrique, en cabinet libéral et au sein de la CUMP.

Gaëlle — Psychologue depuis 2016, j’accompagne les enfants et adolescents aux profils cliniques complexes au sein du CE2P et du Centre de Référence PsyRare de l’Hôpital Lenval à Nice. Formée à l’EMDR et à la thérapie des schémas, je me spécialise dans la prise en charge du psychotraumatisme et l’impact des expériences de vie précoces.

Oct-Opus : Qu’est-ce qui vous a donné envie de concevoir cette formation ?

Anne-Lise — Cette formation est née d’un constat : alors même que le psychotraumatisme altère profondément le développement, les apprentissages et la construction identitaire des enfants et des adolescents, il reste souvent sous-repéré. Nous apportons des outils concrets pour identifier et différencier le stress aigu, le trouble de stress post-traumatique, le trauma complexe et les symptômes dissociatifs.

Gaëlle — Au cours de ma pratique, j’ai été frappée par la fréquence à laquelle des enfants et adolescents sont exposés à des expériences traumatiques — quel que soit leur environnement familial ou leur niveau socio-économique. Pourtant, les symptômes sont souvent interprétés à travers d’autres prismes diagnostiques. L’objectif est de transmettre des outils concrets pour repérer la symptomatologie psychotraumatique et son impact fonctionnel.

Oct-Opus : Pourquoi est-il essentiel que les professionnels soient formés à cette thématique aujourd’hui ?

Anne-Lise — Les manifestations du psychotraumatisme peuvent être confondues avec des troubles du comportement, de l’opposition ou d’autres difficultés psychiques. Se former permet d’affiner son repérage, d’adapter sa posture et d’orienter vers les prises en charge adaptées, tout en soutenant les parents.

Gaëlle — Le psychotraumatisme est un enjeu majeur de santé mentale. Exposés à des situations diverses — violences, deuils, accidents — les enfants et adolescents peuvent subir un impact durable sur leur développement. Améliorer le dépistage est essentiel pour proposer une psychoéducation adaptée et orienter vers une prise en charge appropriée.

Oct-Opus : Y a-t-il une idée reçue que vous aimeriez déconstruire ?

Anne-Lise — Le traumatisme ne résulte pas uniquement d’événements exceptionnels. Et la croyance selon laquelle les plus jeunes seraient protégés par un oubli naturel est erronée : les traumatismes précoces s’expriment différemment, via d’autres formes de mémoire que la mémoire autobiographique conscientisée.

Gaëlle — Un enfant qui ne parle pas spontanément de ce qu’il a vécu, ou qui ne présente pas de symptômes évidents, n’est pas nécessairement un enfant qui va bien. Les symptômes peuvent être internalisés et discrets au quotidien.

→ Consultez le programme complet et les dates des prochaines sessions en cliquant ici !